Présence digitale

Avoir un espace qui vous appartient vraiment— pas à une plateforme

Vous créez un compte sur un réseau social, commencez à publier, développez progressivement une audience ; certaines personnes vous découvrent, d'autres reviennent régulièrement, vos messages privés deviennent un véritable canal commercial et, avec le temps, une partie importante de votre activité finit par passer par cette plateforme.

Tout fonctionne… jusqu'au moment où quelque chose change.

La portée diminue, certaines publications deviennent plus difficiles à diffuser, une fonctionnalité disparaît, les règles évoluent ; votre compte peut être temporairement limité, suspendu ou simplement devenir beaucoup moins visible qu'avant.

Parfois, il ne se passe même rien de spectaculaire.

Vous publiez autant.

Votre travail n'a pas changé.

Mais moins de personnes vous voient.

Et lorsque presque toute votre visibilité, vos contacts et votre activité reposent sur cet espace, vous réalisez quelque chose d'assez inconfortable : vous avez construit une présence importante dans un endroit dont vous ne décidez pas des règles.

Le problème n'est pas d'utiliser les plateformes.

Elles sont extrêmement utiles.

Le problème commence lorsque votre activité ne peut plus fonctionner correctement sans elles.

Une plateforme peut vous donner énormément de visibilité sans vous appartenir

Instagram, TikTok, Facebook, LinkedIn ou encore certaines plateformes spécialisées peuvent permettre de développer une activité beaucoup plus rapidement qu'un site seul.

Vous bénéficiez déjà d'une audience présente sur la plateforme ; vous pouvez publier immédiatement, être recommandée, créer une communauté, échanger avec vos clients et montrer régulièrement votre travail sans devoir construire toute l'infrastructure qui existe derrière.

C'est précisément ce qui les rend aussi intéressantes.

Mais cette facilité crée parfois une confusion : parce que vous avez construit le profil, publié les contenus et développé l'audience, vous pouvez avoir progressivement l'impression que cet espace vous appartient.

En réalité, vous l'utilisez selon les conditions définies par quelqu'un d'autre.

La plateforme décide comment les contenus sont distribués, quelles fonctionnalités restent disponibles, quels formats sont favorisés, quelles publications peuvent être recommandées et quelles règles doivent être respectées pour continuer à utiliser le service.

Cela ne signifie pas qu'il faut s'en méfier ou les abandonner.

Cela signifie simplement qu'il faut comprendre ce que vous êtes réellement en train de construire dessus.

Votre audience et votre accès à cette audience sont deux choses différentes

Imaginons que 20 000 personnes suivent votre compte.

Ces 20 000 personnes ont volontairement choisi de vous suivre ; pourtant, lorsque vous publiez quelque chose, rien ne garantit que 20 000 personnes verront votre publication.

La plateforme organise la distribution.

Elle décide en partie quels contenus apparaissent, dans quel ordre et auprès de quelle proportion de votre audience.

Votre nombre d'abonnés peut donc rester exactement le même pendant que votre capacité à les atteindre évolue.

C'est une différence fondamentale.

Vous avez développé une audience.

Mais vous ne contrôlez pas complètement l'accès à cette audience.

Et plus votre activité dépend de cette visibilité, plus une modification extérieure peut avoir des conséquences très concrètes : moins de vues peuvent signifier moins de visites, moins de messages et finalement moins de clients.

Ce n'est pas nécessairement grave lorsque les réseaux sociaux représentent un canal parmi plusieurs.

Cela devient beaucoup plus fragile lorsqu'ils représentent presque tout.

Certains secteurs connaissent cette dépendance beaucoup plus rapidement que d'autres

Toutes les activités ne sont pas exposées de la même manière.

Une entreprise qui publie principalement des photographies de bureaux n'aura probablement pas les mêmes difficultés qu'une activité liée au corps, à la beauté, à l'image, à certains univers artistiques ou au milieu de la nuit.

Une photographie parfaitement légitime dans son contexte peut être interprétée différemment par un système de modération ; certains mots peuvent limiter la diffusion d'un contenu, certaines publicités peuvent être refusées et certaines activités doivent constamment adapter leur communication pour rester compatibles avec les règles de différentes plateformes.

Le problème n'est alors même plus uniquement la visibilité.

Il devient parfois nécessaire de modifier la manière dont vous présentez votre propre activité pour pouvoir continuer à exister sur le canal qui vous apporte vos clients.

Et lorsqu'une plateforme devient l'endroit principal où votre entreprise existe, elle commence indirectement à influencer la façon dont cette entreprise peut se présenter.

C'est là qu'avoir un espace indépendant devient particulièrement intéressant.

Non pas pour pouvoir tout publier sans règle — un site reste évidemment soumis à la législation applicable — mais pour pouvoir construire votre présence selon votre activité, votre image et votre clientèle plutôt que selon le format prévu pour des millions d'utilisateurs différents.

Votre site n'a pas besoin de remplacer vos réseaux sociaux

C'est probablement la mauvaise manière d'aborder le sujet.

Créer un site puis abandonner les plateformes qui vous permettent déjà d'être découverte n'aurait pas beaucoup de sens.

L'idée est plutôt de modifier leur rôle.

Votre réseau social peut attirer l'attention ; votre site peut ensuite permettre de comprendre votre activité.

Une publication peut donner envie d'en savoir plus ; une page peut expliquer précisément la prestation.

Une story peut montrer quelque chose qui se passe aujourd'hui ; votre site peut conserver les informations qui doivent rester accessibles demain.

La plateforme devient alors une porte d'entrée parmi plusieurs.

Elle n'est plus l'endroit dans lequel toute l'entreprise doit tenir.

Cette différence peut sembler minime au départ ; avec le temps, elle change pourtant profondément la manière dont votre présence digitale se construit.

Un contenu publié sur votre site ne fonctionne pas de la même manière

Lorsque vous publiez sur un réseau social, le contenu est généralement conçu pour être consommé dans un flux : il apparaît, reçoit une partie de son attention dans les heures ou les jours qui suivent, puis d'autres publications prennent progressivement sa place.

Sur votre site, la logique peut être différente.

Une page créée aujourd'hui peut rester accessible dans plusieurs mois ; elle peut être améliorée, enrichie, reliée à d'autres contenus et éventuellement être trouvée depuis Google longtemps après sa publication.

C'est exactement ce que nous avons développé dans Être trouvée dans six mois par quelqu'un qui ne vous cherche pas encore aujourd'hui : certains contenus ne sont pas créés uniquement pour générer une réaction immédiate.

Ils sont créés pour continuer à exister.

Au fil du temps, votre site peut ainsi accumuler des pages de services, des réponses à des questions, des articles, des ressources et différentes portes d'entrée vers votre activité.

Votre présence commence à avoir une mémoire.

Et contrairement à un flux dans lequel chaque nouveau contenu pousse progressivement le précédent vers le bas, votre architecture peut continuer à donner de la valeur à ce que vous avez déjà construit.

C'est là que votre site commence à devenir un actif

Un site n'est évidemment pas un actif simplement parce que vous avez payé quelqu'un pour le créer.

Une page qui n'est jamais visitée, jamais mise à jour et qui ne joue aucun rôle dans l'activité reste principalement une dépense.

Mais la situation devient différente lorsque votre site commence à accumuler quelque chose.

Des pages positionnées sur certaines recherches.

Des contenus qui continuent à attirer des visiteurs.

Une identité de marque reconnaissable.

Des formulaires qui structurent les demandes.

Un système de réservation.

Un espace client.

Des données permettant de comprendre ce qui fonctionne.

Une liste de contacts constituée avec les consentements nécessaires.

Des processus qui évitent certaines tâches répétitives.

Pris individuellement, chacun de ces éléments peut sembler relativement simple ; ensemble, ils commencent à former une infrastructure qui possède une valeur pour l'entreprise.

Vous ne construisez plus seulement une présence.

Vous construisez progressivement un système autour de votre activité.

Votre nom de domaine joue un rôle beaucoup plus important qu'il n'y paraît

Prenons quelque chose d'aussi simple qu'une adresse web.

Lorsque votre activité repose uniquement sur un profil, votre adresse contient généralement le nom de la plateforme.

Votre identité existe à l'intérieur de la sienne.

Avec votre propre nom de domaine, la logique change : vous possédez une adresse indépendante vers laquelle différents canaux peuvent converger.

Aujourd'hui, les personnes peuvent arriver depuis Instagram.

Demain, depuis Google.

Plus tard, depuis une campagne, une recommandation, un QR code, un email ou une plateforme qui n'existe peut-être même pas encore aujourd'hui.

La porte d'entrée change.

L'adresse centrale reste.

Cela permet également de faire évoluer les outils derrière le site sans nécessairement modifier l'endroit vers lequel vos clients se dirigent : l'hébergement peut changer, certaines technologies peuvent être remplacées, une nouvelle version peut être créée… le domaine continue à représenter votre activité.

Ce n'est qu'une petite partie de l'infrastructure.

Mais c'est une différence importante entre avoir une adresse chez quelqu'un et avoir sa propre adresse.

Le véritable enjeu est aussi de conserver la relation

Imaginez maintenant qu'une personne découvre votre activité sur un réseau social, regarde plusieurs publications, vous suit pendant quelques mois puis devient cliente.

Si toute la relation reste enfermée dans cette plateforme, vous continuez à dépendre d'elle pour retrouver cette personne et communiquer avec elle.

Un site peut permettre d'organiser cette relation autrement : prise de contact structurée, réservation, espace client lorsque cela a du sens, inscription volontaire à certaines communications ou simplement centralisation des informations nécessaires à la prestation.

Évidemment, cela ne signifie pas récupérer toutes les coordonnées possibles simplement parce qu'un visiteur arrive sur votre site.

Le RGPD reste très clair sur la nécessité d'avoir une finalité, une base juridique appropriée et de ne collecter que les données réellement nécessaires.

La propriété digitale ne signifie pas :

« Je possède les données de mes clients. »

Les personnes restent des personnes, pas des actifs.

L'enjeu est plutôt de construire une relation qui ne dépend pas entièrement de l'existence d'un compte sur une plateforme tierce.

Cette nuance est essentielle.

Posséder davantage de contrôle implique aussi davantage de responsabilité

C'est l'autre côté de la médaille.

Lorsqu'une plateforme gère une grande partie de l'infrastructure, elle prend également en charge énormément de choses pour vous.

Avec votre propre site, certaines responsabilités reviennent à votre entreprise : sécurité, mises à jour, hébergement, sauvegardes, formulaires, gestion des accès, informations légales, traitement des données personnelles…

Avoir davantage de contrôle ne signifie donc pas automatiquement avoir moins de contraintes.

Cela signifie pouvoir choisir davantage comment ces contraintes sont gérées.

Et c'est précisément pour cette raison qu'un site ne devrait pas devenir une accumulation incontrôlée d'outils : un plugin pour ceci, un script pour cela, cinq services connectés, plusieurs trackers et des formulaires dont personne ne sait exactement où partent les informations.

Construire son propre espace n'a d'intérêt que si l'on reste capable de comprendre ce qui s'y passe.

C'est aussi ce que nous avons développé dans Pourquoi vos outils ne communiquent pas entre eux — et combien ça vous coûte réellement et Comment automatiser une entreprise premium sans perdre le contrôle : ajouter de la technologie ne crée pas automatiquement davantage de maîtrise.

Parfois, c'est exactement l'inverse.

Un espace qui vous appartient vous permet aussi de choisir ce qui reste privé

C'est probablement l'un des avantages les plus intéressants pour certaines activités.

Une plateforme sociale fonctionne principalement avec une logique de publication : vous montrez quelque chose à une audience.

Un site peut fonctionner avec plusieurs niveaux.

Certaines informations peuvent être publiques ; d'autres accessibles uniquement après une action, une réservation ou une connexion. Une adresse précise peut être communiquée au bon moment ; certains contenus peuvent rester réservés aux clients ; une ressource peut être protégée et certaines informations peuvent simplement ne jamais être publiées.

Vous pouvez donc réfléchir beaucoup plus précisément à la frontière entre ce qui doit être visible pour permettre la découverte et ce qui n'a aucune raison d'être accessible à tout le monde.

C'est particulièrement important lorsqu'une activité repose fortement sur une image personnelle.

Développer sa visibilité ne devrait pas automatiquement signifier développer son exposition privée dans les mêmes proportions.

Cette question mérite d'ailleurs d'être traitée séparément ; ce sera le sujet du prochain article : Gérer sa présence en ligne sans exposer ce qui doit rester privé.

Votre site peut devenir le centre sans devenir l'unique canal

Imaginez maintenant votre présence comme un ensemble.

Une personne vous découvre sur un réseau social ; une autre arrive depuis Google ; une troisième reçoit votre nom par recommandation et une quatrième découvre votre travail sur une plateforme spécialisée.

Elles arrivent toutes depuis des endroits différents.

Mais lorsqu'elles souhaitent réellement comprendre votre activité, elles arrivent au même endroit.

Votre site.

Elles y retrouvent votre univers, vos informations, votre fonctionnement, vos contenus et la manière de prendre contact ; elles peuvent ensuite retourner sur vos réseaux, réserver, vous écrire ou poursuivre selon le parcours prévu.

Cette architecture est beaucoup plus robuste qu'une présence dans laquelle chaque canal possède ses propres informations, ses propres tarifs, ses propres liens et parfois même une version légèrement différente de votre activité.

Le site devient le centre.

Les plateformes deviennent des satellites.

Et si l'un des satellites change demain, votre centre existe toujours.

Cela permet aussi de comprendre réellement ce qui vous apporte des clients

Lorsque toute votre activité se déroule dans les messages privés d'une plateforme, comprendre précisément le parcours d'un client peut devenir compliqué.

D'où venait-il ?

Qu'avait-il regardé avant de vous écrire ?

Quelle page ou quel contenu l'a convaincu ?

Combien de personnes ont consulté votre offre sans prendre contact ?

Certaines plateformes fournissent évidemment leurs propres statistiques, mais elles décrivent principalement ce qui se passe dans leur environnement.

Un site vous permet de construire une vision plus centrale : combien de personnes arrivent depuis Google, combien viennent d'un réseau social, quelles pages sont consultées, quels contenus attirent les bonnes personnes et quelles actions sont réalisées ensuite.

Et cela ne signifie pas nécessairement suivre chaque individu.

Nous avons justement vu dans Analytics sans cookies : peut-on vraiment comprendre ses visiteurs sans les traquer ? qu'il est possible de mesurer énormément de choses utiles sans chercher à reconstruire le comportement personnel de chaque visiteur.

L'objectif n'est pas de savoir que Paul a regardé telle page mardi à 14 h 32.

L'objectif est de comprendre que tel canal apporte régulièrement des personnes qui deviennent clientes tandis qu'un autre génère beaucoup de trafic sans presque jamais produire de demandes.

Cette information peut réellement influencer une décision commerciale.

La dépendance devient visible lorsqu'on imagine simplement que la plateforme disparaît

Il existe un exercice assez simple.

Imaginez que demain matin votre principal réseau social devienne indisponible pour votre activité.

Pas nécessairement pour toujours.

Simplement pendant un mois.

Que reste-t-il ?

Les personnes qui connaissent déjà votre nom peuvent-elles vous retrouver facilement ?

Vos prestations sont-elles expliquées quelque part ?

Vos clients savent-ils comment prendre contact ?

Votre activité peut-elle encore être découverte ?

Possédez-vous un moyen légitime de communiquer avec les personnes qui ont choisi de rester en contact avec vous ?

Votre référencement existe-t-il indépendamment de cette plateforme ?

Si la réponse est oui à la majorité de ces questions, votre réseau social est probablement un canal important.

Si la réponse est non partout, il est peut-être devenu votre infrastructure.

Et ce n'est pas la même chose.

Il ne s'agit pas de devenir indépendante de tout

Aucune entreprise digitale n'est réellement indépendante.

Votre site dépend d'un hébergeur ; votre domaine dépend d'un registrar ; vos paiements peuvent dépendre d'un prestataire ; vos emails passent par une infrastructure et Google reste lui-même une plateforme capable de modifier la manière dont les résultats sont affichés.

L'objectif n'est donc pas de construire une entreprise qui ne dépend de personne.

Ce serait irréaliste.

L'objectif est d'éviter qu'un seul acteur possède suffisamment d'importance pour qu'une modification de ses règles puisse presque arrêter votre activité.

C'est une logique de répartition.

Réseaux sociaux.

Référencement.

Recommandations.

Site.

Contacts directs.

Éventuellement newsletter ou espace client lorsque cela possède une vraie utilité.

Plusieurs portes peuvent mener au même endroit.

Construire son propre espace change progressivement la manière de penser sa présence digitale

Lorsque votre site devient le centre, vous ne vous demandez plus uniquement :

« Qu'est-ce que je vais publier cette semaine ? »

Vous commencez aussi à vous demander :

Quelle information devrait rester accessible dans six mois ? Quelle question mérite une vraie réponse ? Quelle page manque à mon parcours ? Qu'est-ce que mes clients cherchent constamment ? Quelle partie de mon activité dépend encore inutilement d'une plateforme ? Quelles informations doivent rester publiques et lesquelles devraient être communiquées uniquement au bon moment ?

La logique change.

Vous ne construisez plus uniquement de la visibilité.

Vous construisez une structure capable de conserver une partie de la valeur créée par cette visibilité.

Chez by Noreliam, c'est précisément comme cela que nous pensons un site : non pas comme une alternative aux réseaux sociaux, mais comme l'endroit vers lequel votre présence peut progressivement converger.

Les plateformes peuvent continuer à vous apporter de l'attention.

Google peut apporter de nouvelles découvertes.

Vos clients peuvent continuer à vous recommander.

Mais au centre, vous disposez d'un espace conçu autour de votre activité, de votre image et de votre manière de travailler.

Parce que construire chez les autres peut être extrêmement efficace.

À condition d'avoir aussi quelque part où rentrer.

Si votre principale plateforme disparaissait pendant un mois, que resterait-il de votre présence digitale ?

Lors d'un entretien de clarté de 30 minutes, nous pouvons regarder les canaux dont votre activité dépend aujourd'hui, ce qui vous appartient réellement et ce qui pourrait être progressivement centralisé afin de construire une présence plus stable, sans abandonner les plateformes qui fonctionnent déjà pour vous.

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